Affichage des articles dont le libellé est Colombie Britannique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Colombie Britannique. Afficher tous les articles

mardi 1 juin 2010

Mardi 1er Juin: Camping sauvage

Kelowna
Lever 9h30, je vais payer pour une nuit de plus (je paie rarement à l’avance, ne sachant pas combien de temps je reste au même endroit), mais on m’annonce qu’il n’y a plus de lit pour ce soir. En gros on me fiche à la porte (mais je l’ai cherché….)
Quelqu’un d’autre est dans le même cas que moi, mais lui a déjà sa tente plantée dans la montagne et était à l’auberge parce qu’en panne de voiture, il avait la flemme de faire des aller/retours à pieds. Je m’incruste donc pour camper au même endroit (parce qu’il m’apprend que le camping sauvage est autorisé dans les terres non privées qui en fait n’appartiennent à personne : vive le Canada), gratos. Ca aidera mon budget.
On prend le bus pour se rapprocher, et on s’engage après pour une bonne heure de marche pour rejoindre le « campement ». Heureusement, on nous prend en stop, dans la benne d’un pick-up, ce qui nous rapproche encore un peu plus.
Je vais planter ma tente, on mange, on regarde le coucher du soleil du haut de notre colline. Et puis dodo.
Et puis quelques réveils en milieu de nuit à cause des ours (qui ne sont pourtant pas là).




lundi 31 mai 2010

Lundi 31 Mai : Mission Creek, Kelowna

Kelowna
Pancakes gratuits à l’auberge. Mais j’arrive à les rater (en même temps, l’aspect de la « pâte » a l’air suspect). Ca ne vaut pas les crêpes de ma maman.
La carte bleue ne marche toujours pas, mais en allant au distributeur, j’arrive à retirer assez pour payer l’auberge.

Les formalités réglées, je pars en ballade. Petit passage par l’office du tourisme d’abord, pour la dévaliser de cartes et prospectus, comme d’habitude.

Écureuil !
Je prends un bus pour aller commencer la marche au milieu du sentier (ce qui n’est pas forcément très judicieux, surtout quand on compte le faire en entier : ça fait un aller-retour….) qui longe la rivère.
Sur ce plan, le chemin, c’est la bande verte qui va de « mission recreation park » à « Gallaghers canyon ».
Je commence vers le quartier de Hollywood rd vers le canyon, en remontant la rivière. Le chemin est un peu monotone au début, mais en avançant ça s’arrange. Jolies fleurs, oiseaux, écureuils (!), et le « canyon » apparait petit à petit (c’est loin d’être le grand canyon !).

Alors que le chemin commençait à être intéressant, il est barré pour cause de travaux. Mais les gars y travaillant me laissent passer. Gentil.

Je monte sur la colline, et arrive sur une prairie pleine de fleurs sauvages, cactus, et une jolie vue sur la rivière. Je fais demi-tour, il est déjà 15h et j’ai encore du chemin à faire. Je vois un bel oiseau, comme un gros pic, gris avec une bande rouge-vif sur le cou, dont je ne connais pas le nom, et qui est parti avant que j’aie pu le prendre en photo pour pouvoir le nommer plus tard. En continuant le chemin, je croise un peu plus de monde… et des marmottes, qui se prélassent sur le bord de la rivière, peu gênées par les gens qui marchent près d’elles. 

J’arrête la ballade au 3e km (pour moi, le 16e), et rejoins la route. Je marche, essaie de prendre un bus parce que j’en ai plein les pattes. Je rentre à l’auberge après avoir acheté un peu de jambon, j’attends que tout le monde ait terminé de cuisiner pour commencer (la cuisine très petite, et n’ayant pas envie de pousser tout le monde !). Ce soir, c’est spaghettis sauce tomate gratuites pour tout le monde. Délicieuse sauce en bidon. J’y ajoute mes herbes de Provence (la french-touch), huile d’olive et le jambon et me régale.
Je bois mon chocolat, cause avec plein de monde, vais dehors sur la table. Les autres boivent de bière et fument des choses que je ne nommerai pas. Je reste sobre et non fumeuse.
Et puis dodo à 1h du matin, comme tout le monde.


La pensée du jour : Norvège !



dimanche 30 mai 2010

Dimanche 30 Mai : Bye bye Vancouver

Vancouver
Bus au départ de Vancouver
Le réveil du portable n’a pas sonné. Et pour une fois, c’est vrai. Il faudra vraiment que j’apprenne à me servir de mon téléphone portable un de ces jours…
Donc réveil à 7h30 au lieu de 6h50. Le bus pour Hope étant loupé, je vais devoir prendre celui pour Kelowna de 12h30. Parce qu’en effet, je ne veux pas commencer le stop trop tard à Hope, histoire d’arriver à Kelowna de jour.
Lloyd part au boulot – au revoir Lloyd-, Emma se lève plus tard pour aller à l’église avec des amis. Une fois prête on part – 9h30. On se dit au revoir dans la rue, elle court pour avoir son bus.

Moi je pars à pieds plus lentement, chargée comme une mule (je ne transporte pas de drogue, au passage). Finalement, je retrouve Emma qui me fait des grands signes à son arrêt de bus et me rejoint. Son amie n’allant pas à l’église, elle décide de ne pas y aller non plus. Elle m’accompagne dans le bus vers le terminal Greyhound (qui sert aussi aux trains de ViaRail), puis repart de son côté. Un nouveau déchirement, qui me fait perdre quelques larmes.
Je vais acheter mon billet de bus, vais manger un muffin aux myrtilles au McDo du terminal (ils n’en avaient plus au chocolat… scandaleux !) et m’y pose en attendant mon bus.

Le bus est loin d’être plein. Il part, on quitte Vancouver, on s’en éloigne et c’est un nouveau déchirement. Ma Ville. Les larmes arrivent pour de bon cette fois. Parce qu’à priori, je ne reverrai pas Vancouver (cette année, du moins !)

Le bus passe par l’est, vers Burnaby. Je vois les studios où a été fait Stargate dans une zone industrielle près de la route. On passe au dessus d’un fleuve large avec des rondins de bois amassés dessus pour me rappeler qu’il y a bien des bucherons Canadiens, au Canada !

Je m’engage donc pour 6 heures de route à travers l’ouest Canadien : 400 km !

Là aussi, comme à l’Île de Vancouver, le trajet à lui seul valait le voyage. Je me suis endormie entre Langley et un peu avant Hope. Les parties les moins jolies, dixit mes hôtes Vancouverois. Mais après, difficile de fermer les yeux devant la beauté des paysages.
La route passe entre les montagnes toujours enneigées à une altitude pas si élevée. Et puis au sommet Coquihalla, on est plus haut que la neige.

Glaciers, chutes d’eau, forêts de conifères de plusieurs couleurs. Et puis le soleil qui arrive, les nuages se faisant de plus en plus rares. La région où je me dirige, la vallée de l’Okanagan, est sensée être une des plus ensoleillées du Canada. 


Merritt
Le bus s’arrête une demi-heure à Merritt, ville dans une grande vallée verte, avec quelques arbres au milieu de terres herbeuses dédiées principalement à l’élevage. A la station service où l’on s’arrête, il y a une plaque de Johnny Cash au sol, sans trop d’explications. Plus tard, j’apprenais que j’avais fait escale dans la capitale canadienne de la musique country.
Plaque de Johnny Cash, à Merritt

On repart, et pendant que je me gave de mini-brownies, je parle avec une dame membre d’un chœur qui a fait des concerts sur l’Île de Vancouver et qui rentre chez elle à Kelowna. Dehors, le paysage est sublime, avec des prés, de magnifiques lacs au milieu des forêts d’essences variées, et un soleil qui descend peu à peu en donnant de belles couleurs. Quelques nuages sont présents, uniquement pour faire joli.


Kelowna
Je parle toujours avec la dame, jusqu’à notre arrivée à Kelowna, où elle vit. Elle et son mari m’emmènent à l’auberge de jeunesse après l’arrivée du bus. Un numéro de téléphone, le leur et celui de leur fils au cas où j’aie un souci, ou que je veuille un guide pour me balader dans la région.

Kelowna
A l’auberge, le Same Sun Hostel, ma carte bleue ne marche pas, et je me fais donc refuser l’entrée. A la rue dans cette ville, je pars errer dans la direction du camping, même si je ne pourrai pas non plus le payer. C’est un peu la panique. Je passe devant une auberge, qui n’était pas dans le Lonely Planet. Je rentre, c’est moins cher que l’autre (youpi), mais ma carte ne marche pas. Eux, gentils, me disent que je me débrouillerai demain, qu’ils vont pas me mettre à la porte et sont aussi là pour aider les voyageurs. Je vais donc rester au « International Hostel ». Je fais la connaissance de mes voisines de chambre Australiennes, qui cherchent un job d’été dans la région, vais manger des pâtes à l’huile, cause, et dodo, dans un lit ! Ce qui n’était pas gagné d’avance…


La pensée du jour : Je n’ai aucun talent pour l’écriture. Désolée. 


samedi 29 mai 2010

Samedi 29 Mai : Rien

Vancouver
Grasse matinée (oui, je vous entends penser « encore ! ») parce que sale temps pluvieux dehors. Donc on se recouche ! Enfin pas Lloyd parce qu’il faut bien qu’il bosse le pauvre. Lever à 11h.


Emma et moi, donc, allons chercher du lait pour se faire un chocolat chaud. Puis elle va chercher le PC (qu’on avait amené chez le mécano il y a deux jours), pendant que je regarde un épisode de 21st Jump Street, série made in Vancouver, et dont mes hôtes sont fan. Je ne comprends rien donc je commence à regarder le pilote (le premier épisode). Emma revient avant la fin. Au même moment, Lloyd appelle pour dire qu’il est dans le bus et qu’on peut alors l’y rejoindre pour aller… manger une glace à la Casa Gelato où nous étions déjà allés nous régaler la semaine passée.

Après une deuxième régalationade, nous allons –encore- chez des amis de Lloyd et Emma à l’entrée de Kitsilano. « On » regarde un film, « on » discute, on joue avec Señor Taco, le petit chaton-tout-mignon qui s’installe sur mes jambes (vu que je suis assise par terre). On rentre à pieds vers minuit.

Je vois donc Vancouver de nuit pour la dernière fois. Parce que demain je pars. Que ça m’embête bien, mais que je dois continuer ma route sinon je ne vais rien voir. Et qu’il faudrait que je laisse mes pauvres hôtes tranquilles après avoir abusé certainement de leur hospitalité.

Demain, je prévois de prendre le bus de 8h00 pour Hope, ville un peu en dehors de Vancouver. De là-bas, ce sera plus simple pour faire du stop ; quitter une grosse ville n’est pas facile.
Le suivant est à 13h30, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour faire du pouce pour rejoindre Kelowna…

Réveil prévu pour 6h50. Aille…


 La pensée du jour : Dernier jour complet à Vancouver... en tout cas de cette année. J'espère y retourner tout de même ! C'est MA ville, après tout.
En tout cas j'étais triste, et c'est peut-être pour ça que je n'étais pas très sociable lors de cette soirée. Désolée à mes hôtes.

vendredi 28 mai 2010

Vendredi 28 Mai: Vancouver chez les Vancouverois

Vancouver
Matin, lever, et chocolat chaud dans un café avec mes deux hôtes. Nous allons ensuite au Punjabi Market, un petit quartier de seulement quelques « blocs » où se concentre la population indienne (d’Asie, pas d’Amérique) immigrée à Vancouver. On a donc des boutiques avec des odeurs d’encens et d’épices, qui rappelle à mes narines le Népal. Des restaurants indiens ou himalayens, des vendeurs de saris et des gens dans la rue qui les portent. C’est vraiment tout petit, mais c’est assez typique.
Après avoir rapidement exploré ce bout de la Main Street, on rentre. Je vais poster mes cartes postales, T-Shirts et prospectus chez mon pôpa et ma môman qui devra normalement arriver 6 semaines plus tard, parce que le bateau est deux fois moins cher que l’avion, et que ce n’est pas urgent !

Je retrouve Emma à l’arrêt de bus pour aller voir des amis à elle habitant à Kitsilano.
L’appart où on passe la soirée est magnifique : une grande baie vitrée avec une vue sur le centre ville de Vancouver, Stanley Park, et le Lions’ Gate Bridge, que je vois pour la première fois de nuit. Et en plus, une terrasse avec la même vue, sur le toit de l’immeuble. Classe.
Nous jouons au Cranium jusqu’à minuit, jeu canadien très marrant mêlant questions, mimes, dessins, le tout portant parfois sur de la culture canado-canadienne ou des expressions que je ne connais pas forcément en Anglais.
On arrive tout de même à gagner avec Emma, malgré la barrière de la langue et de la culture. Na !

Nous rentrons, raccompagnés en voiture par un de leurs amis, et dodo après cette super soirée chez les Vancouverois.



La pensée du jour : A ceux qui se demandaient si c’était pas trop dur de voyager toute seule. Voilà la parfaite illustration que partir toute seule ne veut pas dire rester toute seule.
Au contraire, j’y ai fait de belles rencontres et en l’occurrence, j’ai pu aller avec des gens du coin (coin) !



jeudi 27 mai 2010

Jeudi 27 Mai: Lynn Canyon et SFU

Vancouver
Grasse matinée car Lloyd ne travaille pas aujourd’hui. On a prévu d’aller prendre le petit dej chez un ami à lui avant d’aller au Lynn Canyon à North Vancouver. Mais le PC est en panne et la matinée fut en partie passée à tenter de le réparer. Je ne suis pas une pro en informatique mais je fais semblant quand même, allant jusqu’à appeler mon papa et le frangin de l’autre côté de la Terre qui sont plus calés que moi. C’est aussi parce que je culpabilise un peu pour la panne… même si c’est le destin normal d’un ordinateur sans antivirus. Je m’obstine, mais rien à faire. Du coup nous sommes en retard, et on finit par retrouver son ami (qui habite de l’autre côté de la rue, quasiment) qui nous emmène dans un resto avec des petits dejs bons et pas chers. Pour moi ce sera le petit déj anglais, tant qu’à faire. Miam miam (certainement le seul truc que les Anglais sachent cuisiner hihi).

Nous allons ensuite au Lynn Canyon en voiture, sous un soleil magnifique ! C’est normal, c’est la journée de repos de Lloyd. Quand c’est Emma, il pleut.

Le pont suspendu: Si, je l'ai traversé !
Depuis le pont, vue sur le canyon
Arrivés sur place, Lloyd et moi allons au pont suspendu, dans la forêt. Son ami a décidé de faire la sieste dans la voiture. On discute de voyages (c’est un grand voyageur !), de politique et d’eau de torrent très froide, elle aussi destinée à la consommation des Vancouverois.



Après une petite ballade, on rentre. Moi je vais à Burnaby à l’Université Simon Fraser (SFU) où on m’a annoncé une belle vue sur les montagnes. C’est aussi là-bas qu’ira étudier Emma à la rentrée.
Je suis un peu déçue car les nuages empêchent de voir les sommets. Mais c’est tout de même bien agréable, et j’aurais mis les pieds dans un autre coin de la ville.
Après un petit tour de campus, je rentre. J’ai toujours un peu de mal à approcher les universités…

Me revoilà dans le centre, chez mes hôtes. Je leur fais des tortellinis, on regarde des trucs : Le dernier épisode d’une série annulée, Flash Forward, qui rend triste Emma et Lloyd (ce que je comprends parce qu’on m’a fait la même chose bien trop de fois !), puis Garden State.
Et puis dodo !



La pensée du jour: Bonne année ! Et réussissez vos études, ça vous permettra de visiter des universités sans être triste, et donc de ne pas les fuir.















mercredi 26 mai 2010

Mercredi 26 Mai: Kitsilano sans jeu de mot

Vancouver
Réveil un peu avant 10 heures, avec un temps nuageux mais sans pluie. Je passe vite fait sur le net pour refuser une demande de couchsurfing d’une personne qui visiblement n’avait pas lu que j’étais pas dans le bon pays pour les accueillir à l’appart. Je regarde les couchsurfeurs des Territoires du Nord Ouest, et aussi comment aller à Inuvik. Impossible. En tout cas pas avec mon budget ni le temps qu’il me reste.

Je pars une demi-heure plus tard, et évidemment, il commence à pleuvoir. Je marche vers Granville Island, fais le tour des marchés et galeries plus me dirige vers Kitsilano. En chemin je trouve –enfin- une petite bouteille de gaz pour le camping.

Kitsilano est le coin où vivent les riches, en gros. De belles grandes maisons avec un beau jardin plein de rhododendrons bien aménagé. Le tout pas loin de la côte et du centre-ville.
Une fois les rues un peu explorées, sous la pluie toujours, je fais demi-tour en passant le long des plages, où il n’y a personne (ou presque). La vue y est très belle, dommage que ce soit couvert et pluvieux. Normalement, on voit le centre ville et ses immeubles de l’autre côté du bras de mer.

Je m’arrête vers 13h30 pour manger dans un resto : poulet frites ! Ca faisait longtemps. Mon premier resto aussi, d’ailleurs.
Je regarde la pluie tomber en écrivant dans le cahier rouge, et ressors bien plus tard prendre le bus pour Georgia. Je me réfugie dans une galerie commerciale me réfugier d’une grosse averse, puis vais à Chinatown (encore).

J’y achète des souvenirs pour Papa Maman et des cartes postales, et en profite pour me balader avant de rentrer au chaud voir mes hôtes, en passant par le stade où s'est déroulé la finale de Hockey des JO de Vancouver, à effigie des Canucks, équipe de Vancouver.




La pensée du jour : Journée fort inintéressante à lire (n’est-ce pas ?), mais c’était plutôt agréable. Je ne déteste pas la pluie, et de toute façon il faut savoir s’y faire, à Vancouver !




lundi 24 mai 2010

Lundi 24 Mai: Parasitisme, épisode 1

Ucluelet
Réveillée par deux Québécois peu habiles pour pas réveiller toute la chambrée, je me lève. Et Claudia, avec qui j’ai prévu de faire une ballade, vient me chercher au même moment.
Il est alors 9h, on nous sommes dehors peu de temps après. Elle avait déjà déjeuné, et moi ne déjeunant pas, c’est rapide. De longues années de pratique du dormir-le-plus-longtemps-possible-sans-être-en-retard-à-la-fin ont porté ses fruits.

On décide d’aller à Tofino car il pleut beaucoup. Pas qu’il y ait grand-chose à y faire, mais c’était pas mon idée (je suis plutôt du genre à suivre… à parasiter, en gros).

On commence à faire du stop. C’était sa première fois, et je joue l’initiatrice alors que j’ai moi-même commencé il y a 2 jours. Elle n’osait pas le faire seule, peur du psychopathe. Moi c’est plutôt les ours. Je pense qu’elle a moins tort que moi.

En moins de dix minutes on prend pitié de nous. Un Français, Parisien du 14e arrondissement (oui c’est précis, pour une fois que je sais placer une ville française sur une carte…) qui a immigré à Toronto il y a dix ans et y a ouvert un restaurant français. Très sympathique, on cause jusqu’à Tofino (en Anglais et Français, mais de préférence en Anglais pour pas que Claudia soit isolée par la barrière de la langue), et nous allons tous au centre d’information se renseigner sur les choses à faire quand il pleut. Rien. Donc il nous propose de nous emmener à Long Beach pour aller y marcher. Nous acceptons volontiers ! Y étant déjà allée je peux le guider vers le parking. On descend sur le chemin emprunté la veille par beau temps, au milieu de la forêt pluviale. On marche ensuite ensemble sur la plage (et sous la pluie). J’enlève mes sandales pour marcher sur le sable, et dans l’océan ! Le Pacifique, lui-même ! Pas trop loin tout de même, l’eau était frette (comme ils disent là-bas). Mon maillot de bain restera dans mon sac à dos !

On fait demi-tour, et on se sépare au parking. Lui va dans son auberge à Tofino, et nous à Ucluelet. On est assez trempées pour la journée. On recommence à faire du stop et en dix minute (encore) un camping-car s’arrête, plein de jeunes repartant à Nanaimo. Dommage, je ne repars que demain. Ils nous déposent à la jonction qui sépare la route menant à Ucluelet à celle pour Port Alberni (et donc Nanaimo). On passe vite fait au centre d’information de la jonction (qui est en fait le centre d’information du Parc National), je récupère des cartes manquant à ma collection, et on repart faire du stop pour les 8km restants. Au bout d’un quart d’heure on nous prend et nous dépose à l’auberge. Des gens de Calgary.

On se met au chaud, on sèche, on mange, et on regarde Casino Royale qui passe à la télé. Le temps passe vite et le soir arrive. J’étudie les cartes pour essayer de savoir où je vais aller après Vancouver. Je regarde par curiosité s’il y a des routes pour le nord (surtout le Nunavut)… mais je n’ai pas scanné assez de cartes Michelin avant de partir : je n’ai pas le nord. Dommage.
Le soir on rencontre deux filles de Vancouver de mon âge, une en 2e année d’école d’infirmière (ici, l’université), une autre prof de sport et de religion. On discute, on regarde une merde de TV réalité américaine, la Bachelorette, mais j’abandonne rapidement.
Je préfère aller regarder la carte du monde, où je vois qu’il y a une route qui va à Yellowknife à partir de l’Alberta. On verra si j’ai le temps après les Rocheuses.

En attendant, dodo.

La pensée du jour : Aujourd’hui j’ai appris un nouveau mot : Gullible. Comme quoi même la télé de mauvaise qualité peut servir…


Non, pas de photos aujourd’hui. Trop de pluie !

dimanche 23 mai 2010

Dimanche 23 Mai: Les Ours

Ucluelet
Bon, sale première nuit sous la tente à cause d’ours même pas là. J’en profiterai plus en Islande quand je serai de retour au sommet de la chaine alimentaire. Là, j’ai peur des bestioles. Mais il faudra quand même camper à Jasper et Banff… là où il y a encore plus d’ours !
Une chose est sûre, j’ai bien fait de ne pas aller au nord de l’île de Vancouver à Cape Scott, j’aurais eu trop peur de dormir, seule sous la tente au milieu de nulle part. Et Tofino est magnifique, donc pas de regret. J’irai lors d’un prochain voyage !

Réveillée tard, à 10h30, après avoir enfin réussi à m’endormir, je plie rapidement ma tente avant de me faire virer de force par les gardiens du camping. Devant quitter les lieux à 11h, ça fait un peu court pour plier bagages. J’appelle quand même papa maman avant de m’atteler à la tâche.
A 11h on vient vérifier si je suis bien partie, je m’excuse donc beaucoup, mais on me dit de ne pas me presser, que je suis hors saison et que personne n’attend vraiment mon emplacement ! Et parait-il que je ne suis pas la seule à avoir trainé un peu…

11h15. Je ne suis pas tellement en retard. Je vais sur la route faire du pouce pour Ucluelet.
Je marche un peu en attendant qu’une voiture s’arrête, et c’est peu de temps après qu’à 50/100 mètres, je vois un ours noir et un ourson essayer de traverser la route. J’ai peur, mais je sors quand même l’appareil photo. Une voiture arrive d’en face, ce qui leur fait faire demi-tour et me laisse le temps d’allumer l’appareil. Ils retentent leur traversée juste après, ce qui me laisse le temps de faire la photo, rapidement (car ils courent).
Ils disparaissent dans la forêt, me laissant sur la route à la fois contente et effrayée. Car c’est les premiers ours que je vois dans la nature, donc c’est bien. Et puis c’est beau, surtout avec le petit. Mais je suis seule, à pieds, et surtout, ça me rappelle la nuit passée à essayer de me dire que non, les ours n’étaient pas là. Mais il faut croire que si, à moins de 500m du camping une maman et son ourson !
Et puisque c’est dans leur direction que je marche, j’ai encore plus peur. Je vais donc très doucement, le clappe des mains et demande aux ours de partir pour me laisse passer. Oui, les voitures passant m’ont certainement prise pour une folle.
Je m’approche du panneau près duquel ils sont passés, et ma panique se transforme en quasi-pleurs. Je veux à tout prix qu’une voiture s’arrête pour me sortir de là.

Heureusement, une estafette me prend en stop vers l’endroit où les bestioles sont passées. Deux filles à son bord, un peu hippies et super sympa, même si la conductrice ne regarde pas vraiment la route. Elles vont aussi à Ucluelet, youpi ! Elles vivent dans leur fourgonnette où il y a tout leur bordel. Une chouette façon de voir du pays. Elles parcourent la région à la recherche d’un job. Elles me déposent au supermarché, on se dit au revoir. Elles : « peace ».
Je fais demi-tour direction l’auberge, mais m’arrête d’abord près du port sur une table de pique-nique pour écrire des cartes postales et regarder l’activité portuaire. Des touristes faisant des tours en bateaux pour voir des baleines, principalement.
J’aperçois la queue d’un lion de mer sortant de l’eau près d’un bateau, des oiseaux ressemblant à des martins-pêcheurs, et des emblématiques aigles chauves, symbole des USA.
 A 14h, je reprends la route, j’arrive à l’auberge, et décide d’y rester deux nuits de plus. Au programme : une journée de feignasse ! Surtout que l’auberge est à 20 dollars au lieu de 24 tant qu’une équipe canadienne reste dans la Stanley Cup*. Les Canadiens de Montréal jouent toujours, mais pour combien de temps ? Il n’y a qu’au Canada que ça arriverait, ça ! Vive le hockey. Mais les pauvres Canucks de Vancouver se sont fait éliminer la veille de mon arrivée au Canada, au grand désespoir de tout le monde (moi y compris !), sauf les Québécois de l'auberge, pour les Canadiens évidemment !
Ça me permet de parler plus longtemps avec les gens dans l’auberge. Je rencontre Claudia, une autre Allemande et on prévoit de se faire une ballade toutes les deux le lendemain. Je parle aussi aux gens qui sont là pour longtemps (beaucoup pour trouver du boulot, ou qui en ont déjà un). Et puis le gérant de l’auberge, souvent parti surfer, originaire d’un coin perdu sur la côte de Colombie Britannique. Il raconte qu’un jour, il s’est fait attaquer par deux couguars et qu’il s’est battu avec un bâton de ski pendant longtemps. Je ne sais pas si c’est du lard ou du cochon, mais brrr !
On me dit que les ours bruns ne sont pas dangereux, ce qui me rassure un peu. Mais n’enlèvera pas ma crainte pour autant.

Bref, après avoir mangé au chaud, je vais me coucher, à l’abri des ours.

La pensée du jour : C’est pas parce qu’on part en vacances qu’on doit perdre les bonnes habitudes : grasses matinées, et journée de glandage.  
Surtout quand on risque de se faire manger par un ours !


* La Stanley Cup sera finalement pour ces enfoirés de Chicago !