lundi 24 mai 2010

Lundi 24 Mai: Parasitisme, épisode 1

Ucluelet
Réveillée par deux Québécois peu habiles pour pas réveiller toute la chambrée, je me lève. Et Claudia, avec qui j’ai prévu de faire une ballade, vient me chercher au même moment.
Il est alors 9h, on nous sommes dehors peu de temps après. Elle avait déjà déjeuné, et moi ne déjeunant pas, c’est rapide. De longues années de pratique du dormir-le-plus-longtemps-possible-sans-être-en-retard-à-la-fin ont porté ses fruits.

On décide d’aller à Tofino car il pleut beaucoup. Pas qu’il y ait grand-chose à y faire, mais c’était pas mon idée (je suis plutôt du genre à suivre… à parasiter, en gros).

On commence à faire du stop. C’était sa première fois, et je joue l’initiatrice alors que j’ai moi-même commencé il y a 2 jours. Elle n’osait pas le faire seule, peur du psychopathe. Moi c’est plutôt les ours. Je pense qu’elle a moins tort que moi.

En moins de dix minutes on prend pitié de nous. Un Français, Parisien du 14e arrondissement (oui c’est précis, pour une fois que je sais placer une ville française sur une carte…) qui a immigré à Toronto il y a dix ans et y a ouvert un restaurant français. Très sympathique, on cause jusqu’à Tofino (en Anglais et Français, mais de préférence en Anglais pour pas que Claudia soit isolée par la barrière de la langue), et nous allons tous au centre d’information se renseigner sur les choses à faire quand il pleut. Rien. Donc il nous propose de nous emmener à Long Beach pour aller y marcher. Nous acceptons volontiers ! Y étant déjà allée je peux le guider vers le parking. On descend sur le chemin emprunté la veille par beau temps, au milieu de la forêt pluviale. On marche ensuite ensemble sur la plage (et sous la pluie). J’enlève mes sandales pour marcher sur le sable, et dans l’océan ! Le Pacifique, lui-même ! Pas trop loin tout de même, l’eau était frette (comme ils disent là-bas). Mon maillot de bain restera dans mon sac à dos !

On fait demi-tour, et on se sépare au parking. Lui va dans son auberge à Tofino, et nous à Ucluelet. On est assez trempées pour la journée. On recommence à faire du stop et en dix minute (encore) un camping-car s’arrête, plein de jeunes repartant à Nanaimo. Dommage, je ne repars que demain. Ils nous déposent à la jonction qui sépare la route menant à Ucluelet à celle pour Port Alberni (et donc Nanaimo). On passe vite fait au centre d’information de la jonction (qui est en fait le centre d’information du Parc National), je récupère des cartes manquant à ma collection, et on repart faire du stop pour les 8km restants. Au bout d’un quart d’heure on nous prend et nous dépose à l’auberge. Des gens de Calgary.

On se met au chaud, on sèche, on mange, et on regarde Casino Royale qui passe à la télé. Le temps passe vite et le soir arrive. J’étudie les cartes pour essayer de savoir où je vais aller après Vancouver. Je regarde par curiosité s’il y a des routes pour le nord (surtout le Nunavut)… mais je n’ai pas scanné assez de cartes Michelin avant de partir : je n’ai pas le nord. Dommage.
Le soir on rencontre deux filles de Vancouver de mon âge, une en 2e année d’école d’infirmière (ici, l’université), une autre prof de sport et de religion. On discute, on regarde une merde de TV réalité américaine, la Bachelorette, mais j’abandonne rapidement.
Je préfère aller regarder la carte du monde, où je vois qu’il y a une route qui va à Yellowknife à partir de l’Alberta. On verra si j’ai le temps après les Rocheuses.

En attendant, dodo.

La pensée du jour : Aujourd’hui j’ai appris un nouveau mot : Gullible. Comme quoi même la télé de mauvaise qualité peut servir…


Non, pas de photos aujourd’hui. Trop de pluie !

dimanche 23 mai 2010

Dimanche 23 Mai: Les Ours

Ucluelet
Bon, sale première nuit sous la tente à cause d’ours même pas là. J’en profiterai plus en Islande quand je serai de retour au sommet de la chaine alimentaire. Là, j’ai peur des bestioles. Mais il faudra quand même camper à Jasper et Banff… là où il y a encore plus d’ours !
Une chose est sûre, j’ai bien fait de ne pas aller au nord de l’île de Vancouver à Cape Scott, j’aurais eu trop peur de dormir, seule sous la tente au milieu de nulle part. Et Tofino est magnifique, donc pas de regret. J’irai lors d’un prochain voyage !

Réveillée tard, à 10h30, après avoir enfin réussi à m’endormir, je plie rapidement ma tente avant de me faire virer de force par les gardiens du camping. Devant quitter les lieux à 11h, ça fait un peu court pour plier bagages. J’appelle quand même papa maman avant de m’atteler à la tâche.
A 11h on vient vérifier si je suis bien partie, je m’excuse donc beaucoup, mais on me dit de ne pas me presser, que je suis hors saison et que personne n’attend vraiment mon emplacement ! Et parait-il que je ne suis pas la seule à avoir trainé un peu…

11h15. Je ne suis pas tellement en retard. Je vais sur la route faire du pouce pour Ucluelet.
Je marche un peu en attendant qu’une voiture s’arrête, et c’est peu de temps après qu’à 50/100 mètres, je vois un ours noir et un ourson essayer de traverser la route. J’ai peur, mais je sors quand même l’appareil photo. Une voiture arrive d’en face, ce qui leur fait faire demi-tour et me laisse le temps d’allumer l’appareil. Ils retentent leur traversée juste après, ce qui me laisse le temps de faire la photo, rapidement (car ils courent).
Ils disparaissent dans la forêt, me laissant sur la route à la fois contente et effrayée. Car c’est les premiers ours que je vois dans la nature, donc c’est bien. Et puis c’est beau, surtout avec le petit. Mais je suis seule, à pieds, et surtout, ça me rappelle la nuit passée à essayer de me dire que non, les ours n’étaient pas là. Mais il faut croire que si, à moins de 500m du camping une maman et son ourson !
Et puisque c’est dans leur direction que je marche, j’ai encore plus peur. Je vais donc très doucement, le clappe des mains et demande aux ours de partir pour me laisse passer. Oui, les voitures passant m’ont certainement prise pour une folle.
Je m’approche du panneau près duquel ils sont passés, et ma panique se transforme en quasi-pleurs. Je veux à tout prix qu’une voiture s’arrête pour me sortir de là.

Heureusement, une estafette me prend en stop vers l’endroit où les bestioles sont passées. Deux filles à son bord, un peu hippies et super sympa, même si la conductrice ne regarde pas vraiment la route. Elles vont aussi à Ucluelet, youpi ! Elles vivent dans leur fourgonnette où il y a tout leur bordel. Une chouette façon de voir du pays. Elles parcourent la région à la recherche d’un job. Elles me déposent au supermarché, on se dit au revoir. Elles : « peace ».
Je fais demi-tour direction l’auberge, mais m’arrête d’abord près du port sur une table de pique-nique pour écrire des cartes postales et regarder l’activité portuaire. Des touristes faisant des tours en bateaux pour voir des baleines, principalement.
J’aperçois la queue d’un lion de mer sortant de l’eau près d’un bateau, des oiseaux ressemblant à des martins-pêcheurs, et des emblématiques aigles chauves, symbole des USA.
 A 14h, je reprends la route, j’arrive à l’auberge, et décide d’y rester deux nuits de plus. Au programme : une journée de feignasse ! Surtout que l’auberge est à 20 dollars au lieu de 24 tant qu’une équipe canadienne reste dans la Stanley Cup*. Les Canadiens de Montréal jouent toujours, mais pour combien de temps ? Il n’y a qu’au Canada que ça arriverait, ça ! Vive le hockey. Mais les pauvres Canucks de Vancouver se sont fait éliminer la veille de mon arrivée au Canada, au grand désespoir de tout le monde (moi y compris !), sauf les Québécois de l'auberge, pour les Canadiens évidemment !
Ça me permet de parler plus longtemps avec les gens dans l’auberge. Je rencontre Claudia, une autre Allemande et on prévoit de se faire une ballade toutes les deux le lendemain. Je parle aussi aux gens qui sont là pour longtemps (beaucoup pour trouver du boulot, ou qui en ont déjà un). Et puis le gérant de l’auberge, souvent parti surfer, originaire d’un coin perdu sur la côte de Colombie Britannique. Il raconte qu’un jour, il s’est fait attaquer par deux couguars et qu’il s’est battu avec un bâton de ski pendant longtemps. Je ne sais pas si c’est du lard ou du cochon, mais brrr !
On me dit que les ours bruns ne sont pas dangereux, ce qui me rassure un peu. Mais n’enlèvera pas ma crainte pour autant.

Bref, après avoir mangé au chaud, je vais me coucher, à l’abri des ours.

La pensée du jour : C’est pas parce qu’on part en vacances qu’on doit perdre les bonnes habitudes : grasses matinées, et journée de glandage.  
Surtout quand on risque de se faire manger par un ours !


* La Stanley Cup sera finalement pour ces enfoirés de Chicago !



samedi 22 mai 2010

Samedi 22 Mai: Pacific Rim National Park

Ucluelet
Le matos !
Réveil tard comme à mon habitude. Je sors mes affaires au rez de chaussée pour finir d’organiser mes affaires (dans le genre faire entrer 2L d’eau dans une bouteille de 1.5L) sans avoir à payer une nuit de plus.
J’attends l’Allemand, Pascal, avec qui j’avais prévu plus ou moins de faire la rando, mais finalement il a changé d’avis et ira faire autre chose. Je vais accompagner une Allemande au début du Wild Pacific Trail (en fait là où je l’ai terminé la veille, donc sur mon chemin), puis avec mon gros sac sur le dos, je commence à faire du stop (ou du pouce, en québécois).
Pas évident d’oser la première fois, surtout que je ne suis pas du genre à oser demander les choses. Ce n’est pas que j’ai peur du psychopathe, mais j’ai peur de déranger !

Mais j’ai basé mon voyage sur le pouce, et donc il faut se lancer !

Finalement, au bout d’à peine 10 minutes, une voiture s’arrête. Ce sera donc un couple d’habitants de Vancouver qui sera ma première expérience du pouce. Ca permet de discuter avec des gens très gentils qui se rendent à Tofino, et qui me déposent au camping, à mi chemin de leur route. Et c’était assez loin… j’aurais mis du temps à pieds.

Je m’enregistre au camping, achète mon pass des Parcs Nationaux du Canada (pour l’année, étant donné que je passerai plus d’une semaine au total, dans les parcs, à priori). C’est pas donné mais nécessaire.
Je monte ensuite ma tente dans un espace prévu pour… enfin prévu est un bien grand mot. Certes c’est joli, isolé, avec une table de pique-nique, mais piquer sa tente dans des graviers et un sol dur comme du béton (peut-être parce que c’est en effet du béton), n’est pas terrible.
Je mets donc beaucoup de temps à piquer ma tente (toute neuve), mais n’étant pas pressée, le temps, je le prends.

Je vais alors poser mes affaires de toilette, mes condiments et le peu de nourriture que j’ai dans le cache-bouffe (sauf les boîtes de conserve, parce que je doute que les ours sentent à travers le métal scellé), pour éviter une mauvaise surprise pendant la nuit.
Descente vers la plage de Long Beach, qui porte bien son nom. Très, très longue et aussi très large (ça doit être marrée basse). Je vais donc la parcourir en direction de Tofino. Le vent très fort (et de face),  ma musique dans les oreilles, c’est comme si j’étais seule au monde. Car même s’il y a des gens sur la plage, il y a assez de place pour tout le monde !

Plus tard, je passe un coin plein de surfeurs pas frileux (normal, vu les vagues), puis je retrouve un peu l’isolement du début au bout de la pointe. Après trois heures à marcher sur la plage, je remonte le petit sentier qui amène à la route en passant à travers la forêt. C’est un chemin en planches de bois encore une fois superbement entretenu. Finalement, je ne regrette pas d’avoir payé si cher l’entrée des Parcs Nationaux, vu le boulot qui est fait ! Bon, mon genou n’aime pas les marches, mais il n’aime pas grand-chose en même temps. 

J’arrive à la route ! De là, je décide d’aller à Tofino retirer des sous et tenter d’acheter une bouteille de gaz histoire de pouvoir manger chaud ce soir. En dix minutes, une voiture s’arrête pour m’emmener. Un couple de retraités vivant à Ucluelet et allant à Tofino a fait demi-tour pour me pendre en stop. Adorables, avec deux petits chiens semblant aimer les visiteurs. Ils m’ont dit prendre souvent des autostoppeurs.

Ils me déposent en ville, où je découvre Tofino. La vue sur la mer et les montagnes (enneigées au loin) est sublime, surtout avec les couleurs de fin de journée.
Je n’arrive par contre pas à retirer mes sous alors je m’inquiète, n’ayant plus que quelques centimes en poche. J’arrive finalement à en récupérer un peu. Je vais chercher ma bouteille de gaz, en vain une nouvelle fois. J’achète donc du pain, pour manger du pâté de foie. Heureusement qu’il est là !
Tofino
Je rentre au camping, et tend le pouce une fois sortie de Tofino. Après une dizaine de minutes, deux jeunes me prennent dans leur vieille voiture tout droit sortie de la casse, on pourrait croire. Ils bossent comme plongeurs (dans la mer, pas la vaisselle) à Tofino. Super gentils aussi ! Le stop marche définitivement très bien ; de belles rencontres.

Me revoilà donc au camping. Je vais redescendre sur la plage pour y pique-niquer en regardant le coucher de soleil sur le Pacifique.
La marée est haute, maintenant. Sublime coucher de soleil et bon pâté de foie made in France.

Après avoir bien mitraillé le coucher de soleil, je rentre à la tente parce qu’il fait pas chaud. J’écris bien au chaud dans le sac de couchage, à la lumière de ma lampe frontale à dynamo que je dois mouliner de temps en temps. Je m’endors ensuite au doux son des vagues…

Sauf qu’à 1h du matin, je rêve que je vois un ours. Ne sachant plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, je me réveille paniquée, puis me rendort, puis me réveille…etc.
Mauvaise nuit, même si ma tente est confortable et je n’ai pas froid.

La pensée du jour : C’était la deuxième fois que je dormais sous une tente. La première c’était à 8/9 ans, pour une compétition de gym aux Sables d’Olonne. Et là je m’engage sur trois mois et demi, normalement majoritairement sous la tente. 






vendredi 21 mai 2010

Vendredi 21 Mai: Le 'Wild Pacific Trail'

Ucluelet
Gloups
Réveil, puis je pars directement à la recherche du départ du Wild Pacific Trail de Ucluelet. Il est assez bien indiqué, mais au bout d’un certain temps, plus aucune indication. Donc je continue tout droit dans l’espoir de trouver… Mais après 4km de marche sur la route, et surtout sous la pluie, je trouve le sentier, avec un panneau indiquant le parcours… et les recommandations concernant les rencontres éventuelles avec la faune locale : couguars, ours noirs. Avec un peu d’appréhension (ai-je déjà précisé que j’avais vraiment peur de rencontrer un ours ?), je prends un plan et m’engage sur le chemin de gravier, qui entre dans la forêt pluviale. Le sentier est vraiment bien aménagé, et les handicapés peuvent l’emprunter, ce qui est rare !
A chaque virage, je ralentis, pour voir si un ours n’est pas en train d’attendre de me sauter dessus. A tel point que quand quelqu’un arrive par ce même virage, je sursaute, pratiquement à chaque fois… Mais je suis rassurée quand un chien (accompagné de ses maîtres) arrive et m’aboie dessus parce qu’il a peur de moi (moi aussi j’ai peur de lui, mais au moins c’est réciproque). Si mon poncho jaune effraie un chien, peut-être qu’un ours passera son chemin aussi. Raisonnement stupide, mais qui diminue ma peur un tout petit peu.
A part ça, je remarque tout de même que la forêt est magnifique, et que la mer (l’Océan Pacifique !) vers laquelle le chemin mène l’est toute autant.
En face, c’est l’Asie. Oui, loin !
J’arrive au phare, où un caméraman et une potiche (enfin une présentatrice qui a un peu de mal à dire son texte de deux phrases avec le vent et la pluie), qui présentent certainement quelque chose dans le coin.
Et la boucle étant courte, elle est vite bouclée. Mais ce n’était qu’une partie du chemin, divisé en trois sections. Il me reste les deux tiers à parcourir.

De retour sur la route, je vois une biche traverser à toute vitesse. Puis trois autres qui ne semblent pas très farouches. Je m’en approche facilement et c’est le début de Sandra au pays de Bambi.

Ucluelet
Etant donné qu’il redémarre vers la ville, je décide de me poser manger un hot dog près du port, d’aller chercher (en vain) une bouteille de gaz pour mon réchaud), puis d’aller poser des questions à l’office du tourisme à propos des randonnées à faire dans la région. Je récupère une carte du Pacific Rim, parc national de l’île de Vancouver. Il semble qu’il ne s’agisse pas vraiment d’une longue randonnée reliant Ucluelet à Tofino, mais plutôt de petits chemins partant de la route entre les deux villes.
En attendant, je retourne à mon Wild Pacific Trail, hors du parc national, géré lui par une association. Il redémarre d’une plage de sable noir et blanc. Non, pas gris. Noir et blanc. J’en récupère un peu pour la collection et continue mon chemin toujours le long de la côte sur un parcours gravillonné superbement entretenu, et avec des belvédères munis de bancs. Oh, un colibri ! J’ignorais qu’ils pouvaient occuper cette région du monde ! En tout cas la pluie a cédé sa place au soleil, ce qui change les paysages !









Après les 8.5 km officiels (que l’on peut multiplier par deux quand on n’a pas de voiture pour se rendre sur le départ ou nous récupérer à l’arrivée), je me dirige vers l’auberge… sans m’y arrêter (même si mes pieds, et aussi mon fichu genou m’ont supplié de le faire). Il fallait que j’achète à manger (pâtes, boîtes de conserve), et acheter une petite bouteille de gaz que je ne trouve toujours pas.
Alors je rentre avec mes victuailles, passe un coup sur le net, et vais rencontrer les nouveaux arrivants de l’auberge (Quebecois, Allemand(e)s).
Je vais dans le jardin dehors, qui a une vue quasiment plus belle que ce que j’ai pu voir sur la ballade du jour : un bras de mer (ou un lac ?), des montagnes, la forêt, de l’herbe.

La nuit arrive, je vais donc manger et discuter avec les deux nouveaux Allemands et le Canadien à la recherche d’un job de serveur. Les deux Allemands ont un visa de voyage-travail, donc dans le pays depuis quelques temps déjà.
Après une bonne soirée à papoter, je vais ranger mon sac pour partir le lendemain camper entre Tofino et Ucluelet. Et dodo !

La pensée du jour : Je vais devoir manger froid et porter ma popote pour rien, si je ne trouve pas de gaz pour mon réchaud. 


Les photos sont ici


jeudi 20 mai 2010

Jeudi 20 Mai: Mon premier Greyhound

Vancouver
C’est avec un pincement au cœur que je quitte mes hôtes pour partir à Vancouver Island. J’espère les revoir à mon retour sur Vancouver.
Je prends le bus pour Horseshoe Bay, au nord de Vancouver, pour prendre le ferry direction Nanaimo. Les nombreux nuages m’empêchent de profiter de la vue sur l’océan, les montagnes et les îles, mais c’est tout de même un endroit agréable pour prendre le bateau.



Le ferry arrive à 10h30, j’embarque et m’installe à la proue, à l’intérieur, juste devant les vitres pour profiter de la vue bien au chaud. Bon, je n’en profiterai pas longtemps, le sommeil m’emportant rapidement. Je fus réveillée par des cris enthousiastes d’autres passagers, clamant avoir aperçu des baleines. Zut, j’aurais aimé voir ça moi aussi. Je me réveille et guette donc la surface de l’eau à la recherche de cétacés.
J’en vois plusieurs, assez rapidement. Enfin, je vois surtout l’eau s’échapper de leur auvent et des remous. Ce qui me plait quand même !

Non loin de l’arrivée, ce sont des ailerons noirs que nous voyons. Je pense qu’il s’agissait d’orques, au vue de la forme de l’aileron, de la taille et de la couleur. C’est tout de même plus chouette de les voir ici qu’à Marineland, même si on les devine plus qu’on ne les voit.
Je commence alors à discuter à ma voisine, une veuve retraitée habitant Winnipeg et allant à un mariage à Qualicum Beach. Charmante, elle me donne de quoi la contacter quand je serai de passage dans sa ville, afin qu’elle me montre les endroits à voir, par exemple.




Elle retrouve sa famille à la descente du ferry, et je vais leur dire bonjour. Je ne sais toujours pas où je vais, à ce moment là. Ils me proposent de m’emmener à Qualicum Beach, qui est sur mon chemin, que j’aille à Tofino ou Cape Scott. Bêtement, je refuse, n’osant pas les déranger. J’étais mal partie pour devenir une autostoppeuse…

L'orque ?
Au bus urbain, pour me rendre à la station des bus Greyhound, je croise un monsieur qui était dans le même bus de Vancouver m’ayant emmené à Horseshoe Bay. Il m’indique quel bus prendre pour m’y rendre, et me donne une carte pour le contacter, au cas où il m’arrive des problèmes. Les gens s’inquiètent pour moi, c’est gentil. J’apprends donc qu’il enseigne l’Anglais à l’Université de Vancouver Island à Nanaimo. Il prend son bus, et je discute avec un autre monsieur, ancien marin ayant vécu en Nouvelle-Zélande, Australie, Vancouver…et je n’en saurai pas plus parce que mon bus arrive, et je me jette dedans. Je commence à parler à une autre personne, une dame d’Edmonton qui vient ici voir son fils jouer à Nanaimo. Il fait parti d’un groupe de rock métal qui fait une petite tournée dans ce très grand pays. Apparemment, elle héberge souvent, à Edmonton, des étudiants internationaux et m’a dit de la contacter quand j’y serai, pour qu’elle m’héberge.
Décidément, j’adore les Canadiens et leur hospitalité.

Tous ces gens, que j’aurais pu (du) contacter, je ne l’ai jamais fait. Pas osé. Je commence à regretter parce qu’ils avaient été tellement gentils… J’ai un peu honte.
Si je suis partie en voyage seule, c’est surtout pour faciliter les rencontres, et cette journée en fut riche.


Bref, il est temps pour moi de descendre du bus, et donc de se séparer. Elle prend un autre bus et je pars à la recherche de l’office du tourisme, dont le Lonely Planet (un bon compagnon de voyage) indique l’adresse.
Je trouve après quelques allers/retours parce qu’une galerie d’art semble l’avoir remplacée. Je vais quand même m’y renseigner, en essayant de ne pas casser de choses fragiles chères avec mon gros sac à dos. Un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Finalement on m’indique où est la station Greyhound. Ayant beaucoup de mal à retenir les directions, peu importe la langue, je ne trouve évidemment pas avant d’avoir fait plusieurs allers-retours (encore). Pour ma défense, c’était tout de même bien planqué !

Je regrette d’avoir refusé l’invitation, ou d’avoir fait du stop. Surtout quand je vois le prix à payer pour le bus. J’y suis arrivée à 14h, le bus est annoncé à 17h15 (j’ai loupé de peu celui d’avant, qui est parti pendant que je cherchais le terminal). Il partira en retard, finalement. Je rentrerai en stop…
Bus fort confortable, et loin d’être plein. En même temps ce n’est pas les vacances (sauf pour moi, hihi).

Le soleil est maintenant plus bas dans le ciel, ce qui donne une couleur magnifique aux paysages. La côte, et l’intérieur des terres.

Passé Port Alberni, le temps s’assombrit et il commence à pleuvoir. Mais plutôt que de gâcher la vue, ça rend les paysages encore plus fantômatiques, à la Jurassic Park. De hautes collines (montagnes ?) recouvertes de forêts, des chutes d’eau, des lacs, des montagnes encore enneigées au dessus de quelques centaines de mètres. Puis la côte arrive, le soleil sur le point de se coucher. Magnifique, avec de la pluie et un ciel noir.

Ucluelet
Et puis Ucluelet arrive. Le bus passe devant l’auberge où je comptais aller : le CN Backpackers. Mais il s’arrête plus loin, dans le centre. Il va donc falloir marcher sous une grosse pluie, de nuit. Heureusement j’ai mon poncho, déjà rafistolé au sparadrap.Je ferai un article dédié à mon sparadrap je crois…
Enfin je ne regrette pas d’être venue ici. Le trajet à lui seul valait le déplacement.

Je débarque dans l’auberge à 21h pas trop trempée, grâce à mon super poncho jaune, je me fais chauffer la boîte de raviolis achetés dans la supérette de Ucluelet à la sortie du bus. Je papote avec des gens de l’auberge, et m’endors très facilement !

Il y a un peu plus de photos ici.




La pensée du jour : J’ai vraiment eu peur de rencontrer un ours… c’est en grande partie pour ça que je ne suis pas allée à Cape Scott. En effet, il était indiqué qu’à cette période, là bas, il fallait être préparé à rencontrer un ours parce que c’était plus que probable. Pas courageuse, seule, et pas vraiment d’un gabarit apte à me battre contre un ours noir (il n’y a pas de grizzlis à Vancouver Island), j’ai évité la destination, qui devait pourtant être magnifique… Voilà ce que j’ai loupé.