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jeudi 7 février 2013

Manali-Leh, la route !

LA ROUTE MANALI-LEH (490 km):
Plusieurs solutions pour "affronter" la route. Le taxi/jeep, les (mini)bus privés d'agences ou celui de l'organisme du tourisme de la province. Bien qu'un peu plus cher, j'ai choisi la dernière solution pour des raisons de sécurité. Et si l'envie vous prend d'aller dans ces régions (que je recommande vivement !), je vous invite à en faire autant. J'y reviendrai.
490 km chez nous c'est pas énorme. Mais les conditions de la route font que nous avons mis 25 heures au total (sans compter la petite étape dodo à Keylong).

Aussi dangereuse soit-elle, elle en vaut vraiment la peine. Des paysages magnifiques tout le long du trajet. Et le Ladakh a aussi son intérêt parce que c'est une région assez reculée. Et le fait de passer cette "route de la mort" fait partie du charme. Le Ladakh se mérite ! De plus, Leh étant à 3500m d'altitude, ceux venant de Delhi par les airs sont parfois plus victimes du mal des montagnes.
Mais l'intérêt principal, c'est la beauté du paysage. J'ai donc fait l'aller, puis le retour après un séjour dans le Ladakh d'environ 2-3 semaines.

Donc je vais revenir sur "pourquoi le bus officiel, même pour les pingres ?". Déjà, la route, c'est 26 heures, voire plus quand la route est bloquée (ce qui arrive très souvent, surtout au début de la route en partant de Manali). Les bus/taxis privés ont tendance à faire la route d'une traite. Donc d'une part, c'est dommage de faire le trajet pendant la nuit parce que les paysages méritent d'être vus. D'autre part, un seul chauffeur qui ne s'arrête pas de conduire pendant tant d'heures, sans dormir (sauf au volant...), c'est fort fort dangereux et il n'est pas rare d'avoir des véhicules au fond des nombreux ravins à cause de cela (et aussi l'alcool qui est sensé les empêcher de dormir...). Un minibus a sombré dans un précipice 3 jours avant mon retour.
Le bus officiel s'arrête en chemin (à Keylong par exemple), et les chauffeurs (oui, il y en a deux, qui se relaient, et c'est rassurant) dorment. Boivent aussi, sûrement, mais bon on va pas être trop (?) difficile !
Donc pour visiter le Ladakh, c'est mieux d'y arriver : Évitez les ravins.


La route passe par des petits villages dispersés dans les montagnes vertes de l'Himachal Pradesh. Puis ils se raréfient, laissant place à des paysages plus désertiques et à de nombreuses bases militaires (la région étant coincée entre la Chine et le Pakistan...).
Des vallées, des cols, des plateaux. 490km de paysages sublimes et différents les uns les autres. La route passe par des cols dont le plus haut se trouve à Taglang La à 5359m (oui, bien plus haut que le Mont Blanc !) où ils servent évidemment du thé (normal !).
Des campements que l'on ne peut pas vraiment appeler villages sont parsemés sur la route, ce qui permet aux gens faisant la route (énormément de camion-citernes, quelques voitures et un ou deux bus par jour, quelques motos, voire même des vélos "courageux") de s'arrêter boire du thé, un repas ou un endroit où dormir.



Hommage à ceux qui ont construit cette route et à ceux qui triment pour l'entretenir.







Notre bus, embourbé, attendant son tour pour passer. Le tout dans la bonne humeur !




Assez inquiétant sur le moment, il faut l'admettre... (PS: c'est un des chauffeurs)


Pang



Crevaison et changement de pneu à 5000m d'altitude: chapeau bas !

Du thé partout, vraiment !



 


La pensée du jour: Aller plus haut que le Mont Blanc le cul sur un fauteuil, c'est possible (et pas que dans un avion !)


NB: Ces photos sont celles de l'aller, puis du retour. Pour les voir à peu près dans l'ordre, c'est plutôt ici(tte).

Manali

Après Agra et surtout le Taj Mahal, étant donné que je n'ai vu que ça, je suis allée en train à Delhi. Malade, je n'ai rien vu de plus que la gare, le quartier tibétain où je logeais au nord de la ville, le métro tout neuf et les urgences.
Bon, quelques photos quand même pour prouver que j'y étais !!



Mais je vais plutôt parler des étapes suivantes, à savoir Manali, la route vers Leh, Leh et le Ladakh.

MANALI (2050m):

C'est après environ 14 heures de bus que l'on arrive à Manali, ville de Himachal Pradesh (nord de l'Inde) sur les bords de la rivière Beas, qui pour la "petite" histoire est la rivière où Alexandre le Grand a arrêté son invasion. Pas à Manali, mais tout de même !


Dans le vieux Manali


Aujourd'hui, Manali est plutôt touristique en hiver, puisque c'est un lieu où les gens viennent faire du ski. Y étant en été, donc en basse saison, je n'ai pas eu de mal à me loger dans un hôtel vraiment sympa pour pas cher. Un bel endroit de convalescence ! Et qui constitue un bon endroit, à 2000m d'altitude, pour se préparer à l'altitude de Leh, ma prochaine destination.
C'est aussi de là que part la route pour Leh, la "fameuse".
Manali est un endroit agréable, dans une vallée, avec des touristes un peu baba-cool qui rappellent d'autres endroit sympas sur la planète. L'atmosphère y est aussi beaucoup plus calme qu'à Delhi ou Benares où il y était difficile de se trimballer sans être suivie par une horde de commerçants ou autres personnes pas très bien intentionnées.
Je suis restée dans le vieux Manali, pendant 5/6 jours (j'ai raté le bus pour Leh la première fois ! hehe...), et je n'ai pas fait grand chose à part un peu de lecture et un peu de "manger"...


Les orties locales

Temple dans le vieux Manali

Autre temple, dans le "nouveau" Manali


Manali sur la Beas



mercredi 22 février 2012

Benares, les pieds dans le Gange

Me revoilà après une longue période de grève du blogage pour parler un peu de l'endroit où je suis allée après Ellora.
















J'ai donc passé 4 jours à Benares, aussi nommé Varanasi (nom actuel). Mais je préfère Benares,  étant donné que c'est comme ça que je l'ai toujours "connue" avant d'y aller, de part l'expérience de mes parents. Et malgré les retours plutôt mitigés sur le pays, têtue et curieuse (comme on met les doigts dans une prise pour vérifier si c'est vrai que c'est dangereux), j'ai eu envie d'aller voir par moi-même.

C'est donc après 25 heures de train que je suis arrivée sur la ville sacrée de l'hindouisme, sur les rives du Gange. En pleine mousson, celui-ci était très haut et avec beaucoup de courant, ce qui a empêché les bateaux de naviguer durant les jours où j'y étais. De plus chaque "ghat", les fameuses places-escaliers descendant dans le fleuve sacré ne se reliaient pas entre elles à cause du niveau de l'eau. Il fallait donc faire le tour par la rue pour passer de l'un à l'autre.
On peut dire dans un sens, que ce n'est pas de chance. Néanmoins je suis tombée en pleine période de pèlerinage, des hindous vêtus de orange arrivant ici de tout le pays. Et puis la pluie de mousson est plutôt agréable, surtout quand il fait chaud.

Pour les Hindous, Benares est LA ville sacrée. En effet, le but c'est d'aller au Nirvana (non, pas rejoindre Kurt Cobain). Pour ça, il faut avoir été "bien" pendant sa vie, de préférence dans une caste élevée. Ou bien plus simple, vivez et/ou mourez à Benares. Cela vous donne un ticket gratis pour voir Nirvana.
Les familles ayant les moyens viennent parfois de loin pour procéder à la crémation de leur défunt dans cette ville sacrée. Sur les rives du Gange, il y a donc en quasi permanence des crémations.




Les gens se baignent dans le fleuve sacré, en masse. Extrêmement pollué, le fait que les gens ne tombent pas tous malades relève du mystère que les scientifiques n'ont pas encore entièrement élucidé. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, les animaux morts flottant dans l'eau et les cadavres humains pas totalement incinérés ne sont responsables que de 5% de la pollution. Les 95% restants sont causés par l'industrie et les égouts de toutes les régions en amont de Benares. Il y a des actions mises en place pour remédier à ce problème, mais cela risque de prendre du temps. Pas de baignade avant quelques temps pour nous pauvres occidentaux au système immunitaire tellement fragilisé par la sur-hygiène.
On se contente donc de regarder les locaux faire, et à jeter son offrande -forcée- de fleurs dans l'eau.




Les couleurs. Je crois en avoir déjà parlé, mais à Benares c'est une chose flagrante. Il y a les gens, notamment les pèlerins habillés de orange, et les femmes en sari. Les bâtiments, que ce soient des temples, des habitations ou des ashrams sont peints de façon variée. Les vaches sont fleuries, et les nombreux marchés de tous types sont multicolores. L'Inde n'est pas un pays terne ou monochrome.

Autre chose, flagrant à Benares mais que l'on retrouve aussi dans les autres villes indiennes: les vaches ! A Paris, nous avons les pigeons. Pas très bien traités, ceci dit. Eux, ce sont les vaches, sacrées. Dans ce pays, il est à rappeler qu'on semble mieux respecter les vaches que les femmes ("grosse vache" prenant alors un sens bien différent ?), puisque symbole de la déesse Shiva, elle est sacrée. Elles restent donc impassibles dans les rues, quitte à bloquer la circulation ou les peureuses comme moi quand elles sont couchées en long d'une ruelle étroite. Elles sont parfois décorées de colliers de fleurs, ou recouvertes de teinture rouge au niveau du "front". Il arrive aussi qu'elles se battent entre elles, ce qui n'est pas nécessairement très rassurant (et pour une fois même les locaux font attention et s'éloignent).





C'est juste pour montrer l'école d'infirmières locale !
"Scam-city", ou la ville de l'arnaque. Ils sont très forts, à tel point que j'ai failli quitter la ville sur un coup de tête, mais fort heureusement il n'y avait plus de places dans le train pour ma prochaine destination. Je ne détaillerai point, on va dire que je fais que me plaindre. Le fait est que c'est très oppressant, et que si quelqu'un ne parle pas pour essayer de vendre un truc, c'est parce qu'il a des idées derrière la tête. C'est dommage de devenir méfiant alors qu'on part pour découvrir un peu les gens. Si, j'ai eu un bon contact avec des gens, mais hélas ce sont ceux qui ne parlaient pas Anglais, rencontrés le bord d'un ghat peu fréquenté.



Pour finir, on remarquera qu'il n'y a vraiment pas d'organisation dans ce texte, un peu à l'image de là-bas.



Voilà le lien pour l'album photo, je viens -enfin- de transférer celles de Bombay, Ellora et Benares !




La pensée du jour: Si on admet qu'il y a 1.2 milliards d'Indiens. Que l'être humain pisse environ 1.5 litres par jour, qu'on arrondira grossièrement à 1 litre pour compenser les enfants, et pour avoir un chiffre final par défaut.
On a donc 1.2 milliards de litres d'urines déversées par jour, que ce soit dans des toilettes, dans les champs ou dans les rues à la vue de tout le monde. Ça fait donc 1.2 millions de mètres cube (parce qu'on est scientifiques et vive le système métrique !)
Une piscine olympique fait au moins 2500m3 minimum, selon mon ami wikipedia.
Chaque jour, en Inde, il est donc déversé l'équivalent de 480 piscines olympiques. Dans le Gange, entre autre, puis dans l'océan Indien que voici.



Je suis désolée, c'est un peu cru, mais c'est un calcul que j'ai fait dans un des bus pour m'occuper, en voyant tout le monde vider sa vessie sur le bord de la route...